Marque blanche : un raccourci vers le digital

marque blanche // 16 octobre 2018

 

« Si la transformation digitale a bien été intégrée par les grands groupes, les PME sont à la traîne » : c’est le constat impitoyable que dresse Laurène Rimondi (1), sur le base de deux études diligentées par la Commission européenne et par Bpifrance. Les entreprises françaises se traînent à une triste 16e place dans le classement européen de la digitalisation.

Un manque de compétences

Ce retard a plusieurs explications. Les TPE peuvent ne pas se sentir concernées par le numérique « car elles font leurs affaires par le bouche-à-oreille » (1). Exportant peu, les PME industrielles tricolores sont pour leur part moins exposées à la concurrence et ressentent peut-être moins la nécessité d’une transformation digitale. Plus globalement, le manque de compétences en interne peut justifier ce retard à l’allumage. Vincent Dietsch, associé EY, met par exemple en exergue les difficultés des PME à « attirer des talents » (1), tandis que le levier de la formation professionnelle n’est pas toujours utilisé à plein dans ce type de structure.

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Des solutions clés en main

Une solution simple, parmi d’autres, s’offre pourtant aux TPE et PME françaises : la marque blanche. « Les marques blanches, explique Anne-Marie Clais, dirigeante du cabinet de conseil en stratégie BBA, vendent à leur client une solution complète, clés en main et à ses couleurs, qu’il s’agisse d’un produit fini ou de service dématérialisé. » (2) Et de préciser que la marque blanche « va s’effacer entièrement derrière (la) marque (du client) et intervenir en tant que simple sous-traitant ».

Deux sociétés illustrent bien cette logique. Il s’agit d’une part de Modelabs, qui crée des téléphones mobiles sur mesure pour le compte d’autres marques. Il s’agit d’autre part d’Accentiv’, qui émet des chèques-cadeaux ou des cartes de fidélité sous le nom des comités d’entreprise concernés.

Un deal gagnant-gagnant

Ce système est doublement avantageux : pour le client, qui prend le chemin le plus court vers la technologie, et pour le prestataire, devant qui s’ouvre « la possibilité de travailler avec tous les acteurs d’un même secteur » (2), tout en réduisant au minimum ses dépenses en marketing et en communication.

Le développement de différents canaux de contact avec la clientèle et le CRM font partie, avec la cybersécurité, des deux domaines où les PME et les ETI « qui ont compris la nécessité du digital » (1) investissent le plus massivement. Ces entreprises ont notamment saisi que la digitalisation de leurs outils pouvaient aussi leur permettre de renforcer leur efficacité opérationnelle en interne.

Retour sur investissement rapide


Il est clair en tout cas que les entreprises qui ne prendront pas rapidement le virage du numérique risquent de « se voir doubler par les digital natives qui n’ont pas besoin de passer par une transformation, mais sont capables d’innover de façon beaucoup plus rapide et agile » (1).

Situation d’autant plus regrettable que le retour sur investissement peut s’avérer rapide — « de un à deux ans », selon Benoît Favre-Nicolin, associé KPMG (1), tant en termes financiers qu’en termes d’image.

 

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